Sécurité sanitaire de la spiruline : ce que dit l’avis de l’Anses sur notre Guide de Bonnes Pratiques d’Hygiène 🔬
On me demande parfois si la production de spiruline en France est vraiment encadrée, ou si chacun fait « à sa sauce » dans sa serre. Voici la réponse honnête : la filière a rédigé un Guide de Bonnes Pratiques d’Hygiène (GBPH) national. Ensuite, l’Anses a examiné ce guide à la loupe. Je vous explique donc ce que dit cet avis, et où en est vraiment ce travail — sans en cacher les points de vigilance.
Je préfère donc vous parler du GBPH spiruline avec transparence, plutôt qu’avec un argument marketing tout fait. En effet, la sécurité sanitaire de ce que vous mangez mérite mieux qu’un logo rassurant sans explication derrière.
Qu’est-ce que le GBPH spiruline, et pourquoi la filière paysanne en a besoin ?
Un Guide de Bonnes Pratiques d’Hygiène est un document professionnel rédigé par une filière. Il décrit les mesures d’hygiène à appliquer à chaque étape de production. Il présente aussi la méthode HACCP (analyse des dangers et maîtrise des points critiques). Pour être reconnue, une filière doit soumettre un tel guide à l’avis scientifique indépendant de l’Anses. Cette agence est l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du règlement européen (CE) n°852/2004 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires.
C’est la Fédération des Spiruliniers de France qui a porté ce projet de guide. Elle l’a spécifiquement pensé pour la production dite « paysanne » — la nôtre — par opposition à la production industrielle. Concrètement, le projet transmis pour expertise compte 264 pages, complétées d’une méthodologie d’analyse des dangers. Il couvre ainsi toutes les étapes : culture sous serre, récolte, filtration, pressage, séchage, mise en forme, conditionnement, étiquetage, transport et vente directe.
Ce que dit précisément l’avis de l’Anses sur le GBPH spiruline (16 octobre 2020)
La Direction générale de l’alimentation a saisi l’Anses le 5 décembre 2019 pour évaluer ce projet de guide (saisine n°2019-SA-0203). Ensuite, son groupe de travail spécialisé a rendu son avis le 16 octobre 2020. Voici donc, sans enjolivure, ce qu’il en ressort :
- Les experts jugent le champ d’application clair : production non industrielle en bassins sous serre, de l’ordre de 2 à 15 kg par jour et par exploitation, vente en circuits courts.
- Les experts jugent les dangers physiques « complets et pertinents » : c’est le point le mieux noté du guide.
- Par ailleurs, sur les dangers chimiques (métaux lourds — arsenic, cadmium, plomb, mercure — et cyanotoxines), l’Anses demande une actualisation des seuils. Elle demande aussi une prise en compte plus large des toxines, au-delà des seules microcystines.
- En outre, sur l’eau, l’Anses insiste sur la nécessité d’utiliser une eau de qualité « eau destinée à la consommation humaine ». En effet, le produit fini incorpore directement le milieu de culture, sans étape de rinçage.
- Enfin, sur les allergènes, les experts jugent l’analyse correctement menée. Ils recommandent toutefois d’y intégrer la vigilance sur les sulfites.
En conclusion, l’Agence indique que l’analyse des dangers proposée « nécessite des modifications majeures » avant validation définitive. Elle souligne toutefois l’intérêt du projet pour la filière. Je préfère donc vous le dire clairement : ce guide n’est pas finalisé, il n’est pas encore validé dans sa version définitive. Notre filière travaille à proposer les meilleures techniques de culture, pour assurer au consommateur un produit sûr et qualitatif. Elle est ainsi digne de la plus grande confiance.
« Le GT GBPH souligne l’importance d’un guide de bonnes pratiques pour la filière de production de spiruline dite « paysanne » compte tenu de ses spécificités et encourage la Fédération des Spiruliniers de France dans cette démarche. » — Avis de l’Anses, 16 octobre 2020
📄 Vous pouvez consulter l’intégralité de l’avis ici : avis de l’Anses relatif au projet de GBPH spiruline (saisine 2019-SA-0203).
Ce que ça change concrètement à Spiruline des Alpes
En attendant la version finale du guide, je tiens déjà compte des points de vigilance de l’Anses dans mes pratiques quotidiennes en Combe de Savoie :
- Qualité et origine de l’eau : l’eau qui alimente mes bassins provient d’une source locale, dont je surveille la composition. C’est exactement le point que l’Anses identifie comme sensible, puisque l’eau de culture se retrouve pour partie dans le produit fini.
- Analyses métaux lourds et cyanotoxines : je fais réaliser des analyses en laboratoire indépendant sur mes récoltes. Elles portent sur les métaux lourds et sur la recherche de cyanotoxines. C’est justement un point que l’avis de l’Anses recommande d’élargir, au-delà des seules microcystines.
- Séchage à basse température (sous 40°C) : ce n’est pas seulement un choix nutritionnel pour préserver la phycocyanine. C’est aussi une étape que je maîtrise en durée et en température, dans la logique d’hygiène et de traçabilité que porte le futur guide.
- Hygiène à chaque étape du process : ensemencement, culture, récolte-filtration, pressage, séchage, conditionnement. Je m’inspire ici de la logique du diagramme de fabrication du projet de GBPH. Je reste notamment vigilant sur les corps étrangers (verre, petit matériel) et sur l’hygiène du personnel — deux points que l’analyse des dangers traite explicitement.
Je ne vous dis pas que ma ferme applique un guide validé : il n’existe pas encore sous sa forme finale. Je vous dis simplement qu’en tant que producteur, je suis cette démarche de près. Elle va en effet dans le sens de ce que je fais déjà par conviction : produire une spiruline dont je peux vous expliquer, étape par étape, comment je l’obtiens.
Pourquoi cette transparence compte pour vous
Choisir une spiruline française et artisanale, ce n’est pas seulement choisir un produit local. C’est aussi choisir une filière qui accepte le regard critique d’une agence sanitaire indépendante sur ses pratiques. C’est enfin choisir des producteurs identifiables et joignables, capables de répondre à vos questions sur l’origine de l’eau, la conduite de leurs bassins ou leurs résultats d’analyses. Aucune étiquette importée ne peut offrir cette garantie de la même façon.
👉 Découvrez nos brindilles, paillettes et comprimés de spiruline savoyarde — cultivés en Savoie, séchés à basse température, et produits avec cette exigence de transparence. 🌿
