La récolte de la spiruline : un geste précis au cœur de l’été savoyard 🌊

Chaque matin en été, avant que la chaleur ne s’installe sur la Combe de Savoie, je commence par les bassins. C’est là que tout se joue — et c’est ce geste quotidien, répété sans relâche, qui fait la qualité de ce que vous recevez.

On imagine souvent que la spiruline pousse tranquillement dans ses bassins, qu’il suffit de la cueillir de temps en temps. La réalité est différente. En été — notre haute saison — la récolte est quotidienne, parfois deux fois par jour quand la production est à son maximum. Et chaque geste compte.


6h30 : lire les bassins avant de toucher quoi que ce soit

La première chose que je fais en arrivant, c’est regarder. Observer. Les bassins ont leur propre langage — une couleur, une texture, une densité qui disent tout de l’état de la culture. Un vert intense, presque opaque, homogène sur toute la surface : c’est bon signe. Une teinte plus claire par endroits : il faudra ajuster.

Je vérifie la température de l’eau, le pH, la densité. Ces mesures me donnent une image précise de ce qui se passe dans le bassin. En été, avec les longues journées et la chaleur, la spiruline peut doubler de densité en 48 heures. Il faut s’adapter chaque jour.


La filtration : transformer la soupe verte en pâte précieuse

Quand le moment est venu de récolter, on pompe doucement le contenu du bassin à travers un filtre à mailles très fines. La spiruline fraîche se dépose sur ce filtre comme une pâte verte et dense, presque veloutée. Elle est chaude, vivante, elle sent légèrement la mer et la chlorophylle.

⏱️ Du bassin au séchoir en moins d’une heure. La spiruline fraîche se dégrade très vite. Chaque minute compte entre la récolte et le début du séchage — c’est une des contraintes fortes du métier.


Le séchage à basse température : l’étape qui préserve tout

La pâte de spiruline est mise en forme puis placée dans notre séchoir à basse température. La phycocyanine, ce précieux pigment bleu aux puissantes propriétés antioxydantes, est extrêmement sensible à la chaleur. Au-delà de 40°C, elle se dégrade. C’est pourquoi nous séchons lentement, doucement, en surveillant en permanence la température.

En été, quand il fait 30°C à l’extérieur, maintenir un séchage inférieur à 40°C demande de l’attention constante. On ajuste l’aération, on surveille toutes les heures, on teste la texture à la main. Plusieurs heures plus tard, les brindilles sont sèches, croquantes, d’un beau vert profond — prêtes à être conditionnées et expédiées.

C’est ce quotidien que je recommence chaque matin depuis 2017 — avec le même plaisir. 🏔️

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